Et sur cette supposition fragile on s'élance hors du lit en se disant "cette fois je vais être l'acteur de ma vie".
Sur ce, on plie soigneusement les lambeaux du passé, on les range dans sa valise et on va de l'avant.
On ne les oublie pas ces lambeaux, ce serait le meilleur moyen de régresser.
On n'oublie pas les bons souvenirs, les belles rencontres.
On n'oublie pas non plus qu'on a 18 ans et qu'il nous reste tout un monde à découvrir.
On fait deux pas en avant, un pas en arrière et ainsi de suite.
Parce que ces valises sont déjà bien chargées, parce qu'on a pas d'expérience.
On voit de nouveaux visages, de nouveaux lieux et ça nous fait peur.
On prend de nouvelles habitudes, un nouveau train de vie en essayant de faire du mieux qu'on peut.
On est déçu, on est surpris, on est destabilisé, on est heureux, on a peur, on avance, on recule, on stagne, on coule, on remonte, on tourne la page, on entre-ouvre ses valises, on continue, on marche devant, on court, on trébuche, on tombe, on se relève, on marche, on rit, on pleure, on crie, on soupire, on respire, on vit...